Berne, le 4 novembre 2011
FSFP 12e Forum «Sécurité intérieure»®sur le thème «Sécurité intérieure 2020»
La sécurité intérieure, pomme de discorde de la politique
La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s'adresse aux policières et policiers. Photo : Hans Peter Blunier
pd – De quelles structures aurons-nous besoin à l'avenir pour assurer la sécurité intérieure? Comment les compétences seront-elles réparties et quelles tâches demeureront aux mains de la police? Cette question, et d'autres encore, ont été traitées aujourd'hui au 12e Forum Sécurité intérieure de la Fédération suisse des fonctionnaires de police FSFP, au Kulturkasino de Berne. Les débats consacrés aux stratégies à adopter pour l'avenir ont réuni environ 150 policières, policiers et autres personnes intéressées. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga comptait au nombre des invités.
En Suisse, différents acteurs sont responsables de la sécurité intérieure. C'est pourquoi toutes les forces engagées doivent pouvoir s'appuyer sur des règles claires et sur une définition précise des tâches et des compétences. Que ce soit la Confédération, les cantons ou les communes, tous doivent présenter un front uni dans leur lutte contre la criminalité. Pourtant, les policières et les policiers constatent toujours plus fréquemment que les tâches et compétences sont insuffisamment définies entre la Confédération et les cantons dans ce domaine sensible. Il n'est pas rare qu'il en résulte des activités inutiles ou un surcroît de travail administratif
Les policières et les policiers doivent être associés aux discussions
Pour la FSFP, il est important que les policières et policiers, en qualité de garants de la sécurité, puissent participer à la détermination de la répartition future des tâches. «Nous ne voulons pas simplement attendre, mais y apporter notre contribution active. C'est la raison pour laquelle nous avons consciemment choisi le thème "Sécurité intérieure 2020" pour notre manifestation», déclare Heinz Buttauer, président de la Fédération, qui ajoute: «En tant qu'association professionnelle, nous voulons participer activement à la discussion sur les compétences relatives à la sécurité intérieure.»
Eviter les conflits de compétences
Karin Keller-Sutter, présidente du Conseil d'Etat du canton de Saint-Gall et présidente de la CCDJP, admet elle aussi que partout où il existe des chevauchements, il est urgent de déterminer les rôles et les compétences, et elle soumet la question qui s'impose: «Est-il réellement économique et efficace de trouver dans le même espace cinq organisations de sécurité qui, bien qu'elles soient théoriquement chargées de tâches différentes, se chevauchent dans la pratique par la force des choses ?» Sur ce point, elle fonde de grands espoirs sur le rapport consécutif au postulat Malama «Sécurité intérieure – définition des compétences», dont la parution est attendue pour la fin de l'année. Pour tirer au clair cette importante question soulevée par le postulat Malama, le Conseil fédéral a mandaté une analyse complète. Elle devrait intégrer également les résultats du rapport sur la politique de sécurité de la Suisse et du rapport 2010 de l'armée, pour le moins en ce qui concerne les questions relatives à la sécurité intérieure.
Les fusions de corps de police n'ont aucun sens
Pour elle cependant, une police fédérale n'est pas raisonnable: «Dans le cadre du groupe de travail sur les carences policières, nous avons analysé les points forts et les points faibles du système actuel. Cette analyse nous a confortés dans la conviction que la force de notre système policier fédéraliste réside dans le fait que les corps de polices cantonales nous apportent des solutions adaptées qui permettent un accomplissement de la mission de la police avec la proximité du citoyen et les temps d'intervention souhaitables.» Pour cela, nous devons cependant disposer de suffisamment de policières et de policiers. Car l'option consistant à économiser des postes de policiers en déléguant davantage de tâches policières à des entreprises privées ne constitue absolument pas une option envisageable.
Quelle police voulons-nous?
«L'image du policier ami et secourable vieillit considérablement dans une société de plus en plus anonyme», constate dans son exposé la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Il règne aujourd'hui beaucoup plus une saine distance professionnelle. On attend des policières et des policiers modernes une ouverture d'esprit et de bonnes aptitudes sociales et de communication. Pour le travail de la police, on parle aujourd'hui d'orientation vers la clientèle et du produit que constitue la sécurité. «Ce produit a cependant un prix, que la société semble de moins en moins disposée à payer. Tout le monde ou presque pourtant désire davantage de sécurité.»
Nécessité d'une proximité du citoyen
Le conseiller national Pius Segmüller s'exprime clairement en faveur d'un renforcement de la Community Policing. «La police devrait entretenir un contact beaucoup plus étroit avec la population. C'est pourquoi il est faux d'engager la police comme une organisation qui n'apparaît sur le terrain que lorsqu'un incident est survenu. Le travail du policier ne prend tout son sens que s'il connaît les gens qu'il est chargé de protéger.» La police a donc un besoin urgent de davantage de personnel. Mais pas seulement d'une augmentation du nombre de ses spécialistes, mais bien de policiers étroitement liés à leurs quartiers, à leurs communes ou à leurs villes, ainsi qu'à leurs cantons, et disposés ainsi à endosser des responsabilités à l'égard de leurs communautés.
Un FBI en Suisse?
Lors du podium de discussion, le colonel Jacques Baud s'est demandé si l'on ne devrait pas instituer en Suisse une sorte de FBI. On devrait en installer différents satellites dans l'ensemble de la Suisse, qui seraient chargés surtout d'assurer également la communication aux différents niveaux…
Les spécialistes recherchent des solutions. Photo: Hans Peter Blunier
de gauche à droite : Jacques Baud, UN Senior Policy and Doctrine Officer / Pius Segmüller, Conseiller national / Reto Brennwald, Modérateur / Roger Schneeberger, Secrétaire générale CCJPD
Images:
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Légende : La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s'adresse aux policières et policiers.
Photo : Hans Peter Blunier
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Légende : Les spécialistes recherchent des solutions.
Photo : Hans Peter Blunier
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